lundi 4 avril 2011

"Invisible" de Paul Auster - Editions Actes Sud


La dernière fois que j'ai lu des livres de Paul Auster, c'était pour apprécier sa trilogie new yorkaise. Depuis, plus rien. Autant dire des lustres... Et pourtant, avec la lecture de "Invisible" il y a de quoi rester scotché. L'auteur y déroule son implacable scénario avec une maîtrise toute mathématique, brillante et passionnante. Adam Walker est son héros. Un héros dont on suivra la biographie de ce jour de 1967 où l'histoire débute jusqu'à sa disparition. Mais tout n'est pas si simple pour un Paul Auster qui a choisi de faire le livre du livre qui s'écrit sous nos yeux.


Adam est un jeune homme intelligent, pas forcément sociable. Etudiant. Et ce soir-là, il va faire la rencontre d'un mystérieux couple qui fera totalement basculer sa vie pendant 30 ans : Rudolf Born, homme volubile et charismatique, et la discrète (et française) Margot. En trois parties clairement distinctes, Auster brode à sa façon le roman d'une vie qui débute au printemps par un "je", se poursuit en été par un "il" et s'achève en automne par la plume d'un écrivain ami d'Adam. Exercice de style s'il en est, l'auteur nous balade alors dans l'histoire d'un homme malade au crépuscule de sa vie, dans ses secrets les plus intimes, dans sa jeunesse, dans ses mensonges, dans ses non-dits, dans ses voyages parisiens, dans ses doutes et dans ses quelques vérités... Mais réalité ou fiction ? Le lecteur navigue à vue, se faisant ballotter avec un certain plaisir par l'autobiographie d'un personnage qui nous a peut-être manipulés. Les doutes subsistent, les incertitudes rendent le lecteur bancal, pris entre l'envie de croire et la résignation d'avoir été mené en bateau.


Alors même si Auster ne dénoue pas tous les noeuds de ses histoires qui est une, au final, on reste subjugué par le défi littéraire qu'il nous oppose. On peut toutefois s'étonner dans les toutes dernières pages d'une explication tout à fait anecdotique par rapport à tous ces mystères qui planent. Il n'en reste pas moins que ce périple est une épopée d'Homme avec toute la complexité d'une vie. Et c'est passionnant.

9 commentaires:

keisha a dit…

Ce n'est pas mon préféré de l'auteur, mais je l'aime toujours, et j'adore me faire manipuler...

Joelle a dit…

Je l'ai noté mais j'attends le bon moment car avec Auster, ça passe ou ça casse en fonction de mon humeur (La trilogie newyorkaise n'avait pas réussi à passer par exemple !)

LVE a dit…

< Keisha : il faudrait d'ailleurs que je fouille dans sa bibliographie, histoire d'en lire d'autres. Quelques suggestions ?
< Joëlle : oui, j'ai l'impression que c'esty parfois un peu à quitte ou double de lire Auster. Mais là j'avoue que c'était plutôt de l'ordre du jack-pot !!

Valérie a dit…

J'ai commencé par cet Auster là et quelle claque! J'ai adoré. Du coup, j'ai trouvé Moon palace un peu fade.

emmyne a dit…

Auster, je ne peux pas m'en empêcher...et pourtant La trilogie newyorkaise fut un échec pour moi, maos Leviathan est l'un de mes romans fétiche ! Toujours pas lu celui-ci, pff.

LVE a dit…

< Valérie : ah oui, forcémment, quand on attaque trop fort, il ne peut qu'y avoir déception littéraire. Comme souvent. Beuh.
< Emmyne : je note Leviathan sur un coin de table, alors...

noann a dit…

Je suis un peu plus mitigé sur "Invisible", qui n'a pas emporté tout mon enthousiasme. Ca restera un livre qui m'a interpellé toutefois

Merci pour le lien, d'autant qu'il est spontané (rare), j'ajoute un lien vers ici à mon tour

LVE a dit…

< Noann : Merci.

dasola a dit…

Bonjour LVE, ce roman m'a bien réconciliée avec Paul Auster que j'avais abandonnée depuis quelques années. Je trouve qu'il se renouvelle bien. Cette histoire d'inceste ne pas m'a pas choquée. (voir mon billet du 11/05/10). Bonne fin d'après-midi.